Russie
ZIS-31, SU-31, СУ-31
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On pense habituellement que la période la plus difficile de la guerre est l’été 1941, lorsque le corps de bataille soviétique perd près de vingt et un mille engins blindés sans compter les autres équipements. Cette conclusion n’est pas totalement vra ...

ZIS-31, SU-31, СУ-31

On pense habituellement que la période la plus difficile de la guerre est l’été 1941, lorsque le corps de bataille soviétique perd près de vingt et un mille engins blindés sans compter les autres équipements. Cette conclusion n’est pas totalement vrai car en septembre 1941, l’armée rouge se trouve face au problème d’approvisionnement en char avec seulement un millier de chars pour faire face aux Pz-II et Pz-III allemands qui sont utilisés de plus en plus efficacement et dont les services de réparation arrivent à renvoyer plus de la moitié des engins endommagés au combat. Pour contrer ces forces d’attaque les soviétiques ne peuvent pas trop compter sur leurs T-34 et KV-1 qui servent principalement à des missions d’assaut et d’attaque.

Les missions antichars reposent presque exclusivement sur l’artillerie. A cette époque la principale pièce antichar est un canon de 45mm construit par Rheinmetall à partir de 1938 qui peut pénétrer le blindage de 30mm d’un Pz-III ou d’un Pz-IV à 500m. Une arme plus puissante est le Zis-2 de 57mm qui peut percer 94mm de blindage à angle droit à la même distance et 60mm de blindage sous 60° d’incidence à 1000m. Cette arme est si puissante qu’elle peut traverser un char léger sans conséquences visibles pour le char, à tel point qu’il est envisagé d’en stopper la construction car elle est trop puissante et n’a pas de cibles potentielles… Ainsi à la fin de l’année 1941, seuls trois cent soixante et onze canons ont été livrés.

A ce moment là, durant l’été 1941, une importante décision est prise, à savoir de développer le nombre de canons antichars automoteurs, jusque là inexistant dans l’armée rouge.

Trois possibilités sont évaluées, l’usine N°4 doit développer un automoteur avec canon antichar de 37mm, l’usine N°8 doit développer un engin antichar et antiaérien automoteur avec canon de 85mm et l’usine N°92 doit développer un antichar automoteur avec canon de 57mm. Les projets précisent que l’engin et la pièce d’artillerie doivent être protégés par un blindage. Très rapidement l’usine N°92 sous la direction de l’ingénieur Grabin  propose trois projets. Il s’agit d’installer un canon de 57mm de 73 calibres sur un châssis automoteur. Cela donne le SU-2-1 avec Zis-2 sur châssis de tracteur Komsomolets, le SU-2-2 avec Zis-2 sur châssis de tracteur STZ-5 et enfin le SU-2-3 avec Zis-2 sur châssis de camion Zis ou Gaz.

Les essais avec des camions se révèlent décevant car même en embarquant le minimum de munitions, le véhicule perd beaucoup de ses capacités routières. Un seul projet est approuvé mais sans connaître de construction en série est celui sur semi-chenillé Zis-42.

L’usine N°92 développe alors deux châssis automoteurs armés d’un canon antichar de 57mm, un sur T-20 Komsomolets avec la désignation Zis-30 et l’autre sur camion Gaz-AAA avec la désignation Zis-31. Les deux engins ont des performances similaires et si le premier est disponible en très grand nombre, le second apporte une capacité tout-terrain supérieure. Le choix du porteur se porte donc sur le T-20 Komsomolets. Un seul exemplaire de ZIS-31/SU-31 est construit

Dimensions
Longueur : 5.335m, largeur : 2.04m
Poids en ordre de combat : 3.6 tonnes
 
Motorisation : un moteur GAZ-MM de 50cv
 
Mobilité
Vitesse maximale : 40 km/h, autonomie : 150km
 
Armement : un Zis-2 de 57mm avec 36 munitions
                            Azimut : 360°, élévation de -5° à +25°
 
Equipe de pièce : 4 hommes