Russie
ZIS-30
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On pense habituellement que la période la plus difficile de la guerre est l’été 1941, lorsque le corps de bataille soviétique perd près de vingt et un mille engins blindés sans compter les autres équipements. Cette conclusion n’est pas totalement vra ...

ZIS-30

On pense habituellement que la période la plus difficile de la guerre est l’été 1941, lorsque le corps de bataille soviétique perd près de vingt et un mille engins blindés sans compter les autres équipements. Cette conclusion n’est pas totalement vrai car en septembre 1941, l’armée rouge se trouve face au problème d’approvisionnement en char avec seulement un millier de chars pour faire face aux Pz-II et Pz-III allemands qui sont utilisés de plus en plus efficacement et dont les services de réparation arrivent à renvoyer plus de la moitié des engins endommagés au combat. Pour contrer ces forces d’attaque les soviétiques ne peuvent pas trop compter sur leurs T-34 et KV-1 qui servent principalement à des missions d’assaut et d’attaque.

Les missions antichars reposent presque exclusivement sur l’artillerie. A cette époque la principale pièce antichar est un canon de 45mm construit par Rheinmetall à partir de 1938 qui peut pénétrer le blindage de 30mm d’un Pz-III ou d’un Pz-IV à 500m. Une arme plus puissante est le Zis-2 de 57mm qui peut percer 94mm de blindage à angle droit à la même distance et 60mm de blindage sous 60° d’incidence à 1000m. Cette arme est si puissante qu’elle peut traverser un char léger sans conséquences visibles pour le char, à tel point qu’il est envisagé d’en stopper la construction car elle est trop puissante et n’a pas de cibles potentielles… Ainsi à la fin de l’année 1941, seuls trois cent soixante et onze canons ont été livrés.

A ce moment là, durant l’été 1941, une importante décision est prise, à savoir de développer le nombre de canons antichars automoteurs, jusque là inexistant dans l’armée rouge.

Trois possibilités sont évaluées, l’usine N°4 doit développer un automoteur avec canon antichar de 37mm, l’usine N°8 doit développer un engin antichar et antiaérien automoteur avec canon de 85mm et l’usine N°92 doit développer un antichar automoteur avec canon de 57mm. Les projets précisent que l’engin et la pièce d’artillerie doivent être protégés par un blindage. Très rapidement l’usine N°92 sous la direction de l’ingénieur Grabin  propose trois projets. Il s’agit d’installer un canon de 57mm de 73 calibres sur un châssis automoteur. Cela donne le SU-2-1 avec Zis-2 sur châssis de tracteur Komsomolets, le SU-2-2 avec Zis-2 sur châssis de tracteur STZ-5 et enfin le SU-2-3 avec Zis-2 sur châssis de camion Zis ou Gaz.

Les essais avec des camions se révèlent décevant car même en embarquant le minimum de munitions, le véhicule perd beaucoup de ses capacités routières. Un seul projet est approuvé mais sans connaître de construction en série est celui sur semi-chenillé Zis-42.

L’usine N°92 développe alors deux châssis automoteurs armés d’un canon antichar de 57mm, un sur T-20 Komsomolets avec la désignation Zis-30 et l’autre sur camion Gaz-AAA avec la désignation Zis-31. Les deux engins ont des performances similaires et si le premier est disponible en très grand nombre, le second apporte une capacité tout-terrain supérieure. Le choix du porteur se porte donc sur le T-20 Komsomolets.

Description

Le châssis est similaire à celui du tracteur avec quatre roues jumelées enveloppées de gomme et réparties en deux boggies, deux galets de soutien, barbotin à l’avant et poulie de tension à l’arrière. La caisse est réalisée en plaques de blindage roulé, soudées, rivetées et vissées. La transmission est installée à l’avant et est globalement similaire à celle du Gaz-AA.

Le chauffeur est installé à l’avant sur la gauche avec un assistant sur la droite qui sert une mitrailleuse DT montée sous affût sphérique. Des trappes avec meurtrières sont installées sur l’avant et les côtés, elles possèdent chacune une meurtrière protégée par du triplex. Sur le toit de la superstructure, il y a deux trappes rectangulaires qui servent à l’accès à bord du véhicule.

Le compartiment moteur est placé au centre de l’engin, le moteur est un 4-cylindres essence Gaz-M de 50cv avec système de refroidissement liquide et carburateur Zenith. Le compartiment est fermé par des trappes blindées montées sur charnières. Le démarrage est assuré par un démarreur électrique LFA-4006. La capacité totale en carburant des deux réservoirs est de  122 litres qui lui permettent de franchir 150km. Le circuit électrique est assuré par une batterie ZSTE-100, mais l’engin n’a pas d’équipement radio.

L’armement principal est un canon antichar Zis-2 de 57mm installé sur le compartiment de transport juste derrière le moteur. Le canon conserve le bouclier standard et le système de recul, il dispose d’une élévation comprise entre -5° et +25° et d’un débattement en site de 30° au total. La rotation et l’élévation sont assurées grâce à deux manivelles à la vitesse de 4°/sec. Le canon est équipé d’un balancier et pour le tir il dispose de viseurs PS-2 ou SA2-55 pour le tir direct et d’un viseur S1-2 pour le tir indirect. Un bloc culasse semi-automatique à cale à chute verticale permet d’atteindre une cadence de tir de 25 coups/min. l’engin emporte trente munitions de 57mm et 756 coups de 7.62mm pour la mitrailleuse en douze chargeurs tambour. Le canon tire des munitions sous-calibrées UBR-27SH et UBR-271N, à fragmentation RO-271U et RO-271UZH et perforantes à traceur UBR-271, UBR-271K et UBR-271SP. L’engin est monté sur un châssis en forme de U qui sert aussi à renforcer le toit du compartiment de transport. Une chaise de route installée sur le toit du compartiment de conduite, bloque le tube lors des déplacements avec un système de blocage spécial à l’arrière de la caisse. Deux systèmes de blocage, relevés lors des tirs, aident à diminuer le recul.

Des tests on lieu en août 1941 et révèlent de nombreux défauts, comme d’un champ de tir limité à la partie avant, la faible capacité d’emport en munitions et le fait de basculer si le tir est effectué de côté. Mais il se révèle être la seule alternative disponible à l’absence totale de moyens antichars et il est donc lancé en fabrication.

Même si en temps normal il n’aurait jamais été approuvé en service actif, l’usine N°92 en construit une série de cent exemplaires plus un autre engin équipé d’un canon antichar de 45mm. Au printemps 1942, un  test est réalisé avec l’installation d’un Zis-3 de 76.2mm sur un châssis de T-20 mais le projet est rejeté et avec lui tout projet d’installation d’une pièce antichar sur un châssis de tracteur. L’engin entre en action dès le mois d’octobre 1941, ils sont très appréciés pour la puissance du canon et pour la mobilité du châssis. Ils demeurent en service jusqu’à l’été 1942. A cette époque il n’en reste plus qu’une douzaine en activité qui seront encore engagés jusqu’en 1944.

Si la pièce se révèle finalement assez instable et l'équipe de pièce insuffisamment protégée, le canon antichar est pourtant plutôt efficace lors des violents combats de l'hiver 1941-1942 autour de Moscou lorsqu'il est déployé en batteries antichars de brigades de chars

Variantes

ZIS-31, variante sur canion Gaz-AAA

Dimensions
Poids : 4000 kg
Longueur : 3.45m pour la caisse, largeur : 1.859m, hauteur : 2.23m
Garde au sol : 300mm
 
Motorisation : un Gaz-M1, 4 cylindres de 50cv à 2800 tours/min
Capacité du réservoir : 115 litres
 
Performances
Vitesse maxi : 47 km/h, autonomie : 150 km
Pente : 30°, tranchée : 1.4m, obstacle vertical : 0.5m, passage à gué : 0.60m
 
Armement :    un canon de 57mm ZIS-2 obr.1941 avec 20 munitions
                        Une mitrailleuse DT de 7.62mm avec 1260 munitions
 
Optique : PS-2 ou SA2-55
 
Blindage : 10mm frontal, 7mm parois latérales et arrière, toit et plancher
 
Equipage : quatre hommes
Constructeur : Zavod N°92, Gorki