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SU-76i
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L’année 1943 présente plusieurs problèmes à l’Armée Rouge avec le SU-76. En effet, l’utilisation de deux moteurs pose un problème de synchronisation et provoque de fortes vibrations. La résolution de ce problème prend plusieurs mois. A ce moment l ...

SU-76i

L’année 1943 présente plusieurs problèmes à l’Armée Rouge avec le SU-76. En effet, l’utilisation de deux moteurs pose un problème de synchronisation et provoque de fortes vibrations. La résolution de ce problème prend plusieurs mois.

A ce moment là l’attention se porte sur le parc d’engins capturés par les forces soviétiques dont la plupart sont des Panzer-III. Dès 1942, il est tenté d’y installer un obusier M-30 de 122mm, sous la désignation SG-122, mais le châssis se révèle trop petit pour cet obusier. En février 1943, c’est une version d’assaut avec canon de 76mm qui est réalisée. Ce sont les usines N°37 et N°592 qui vont se trouver chargée de convertir deux cents Pz-III capturés. La pièce de 76.2mm est choisie car à ce moment là le canon D-5 de 85mm est toujours en tests et que le châssis retenu est relativement petit. D’autres parts, les canons F-34 et ZIS-5 peuvent utiliser les mêmes munitions que le ZIS-3 ce qui facilite fortement les problèmes de logistiques. Le SU-76I malgré quelques ressemblances comporte plusieurs modifications effectuées sur le SG-122(A).SU-76i

L’engin conserve le blindage et l’aménagement initial du char allemand avec simple retrait de la tourelle remplacée par une superstructure. A l’avant se trouve, séparées, les compartiments de la transmission et de la conduite avec une place pour le chauffeur et l’opérateur radio/mitrailleur de caisse.

Au centre le compartiment de combat reçoit trois hommes, chef de char, tireur et chargeur et à l’arrière est installé le moteur Maybach 12-cylindres HL120TRM de 300cv à 3000 tours/min. L’arrière reçoit aussi le système d’alimentation, les ventilateurs de refroidissements et les réservoirs de carburant avec 320 litres de fuel. Le démarrage du moteur est réalisé grâce à l’aide d’un démarreur électrique Bosch BNG de 4cv ou manuellement. Le moteur est couplé à une transmission, installée à l’avant du véhicule de type Maybach SRG 328145. Le circuit électrique de l’engin est de 12V et la source électrique est fournie par deux batteries de 128 ou 144A et un générateur Bosch type GTW de 600W.

Quatre trappes d’accès sont positionnées sur le dessus du char pour accéder au moteur.

Le blindage de l’engin est léger et protège uniquement contre les armes d’infanterie et les fragments d’artillerie. La partie frontale fait 30mm d’épaisseur, les parois latérales, font 30mm aussi, l’arrière fait 20mm et toit et plancher font 15mm d’épaisseur. La superstructure est réalisée en plaque d’acier de 35mm pour l’avant, 25mm pour les côtés et 15mm pour le toit. Les plaques d’acier frontales sont moulées et ajustées sur le char par des vis. Des trappes de tir pour utiliser un PPSh sont réalisées sur les côtés droit et gauche ainsi que dans la plaque arrière gauche, ces trappes sont dotées de volets.

Le toit de l’engin et la partie arrière de la casemate reçoivent une trappe d’accès en deux parties pour l’entrée et la sortie de l’équipage.

L’engin, en comparaison avec les automoteurs soviétiques de l’époque dispose d’une bonne visibilité. Le chauffeur dispose de fentes de vision sur l’avant et les côtés protégées par du verre blindé. Le chef de bord et le tireur disposent d’un périscope PTK-5 et de diverses fentes de vision, référables avec un volet, sur la partie avant de la casemate ainsi que sur les côtés

Les premiers engins convertis sont livrés avec un canon ZIS-3Sh utilisé sur le SU-76 ou un F-22USV. Même si ces canons sont bons, leur installation est problématique et c’est finalement un canon de type S-1 dérivé du F-34 qui est installé. Ce canon est présenté sur un cadre qui s’adapte directement dans l’avant de la superstructure ce qui libère de la place à l’intérieur du compartiment de combat. Ce canon dispose d’un nouveau masque qui lui autorise un débattement en élévation de -5° à +15° et en site de 10° à droite et à gauche. Le pointage de la pièce est réalisé grâce à un viseur télescopique TMPD-7 déjà utilisé sur le ZIS-3.

L’engin peut utiliser la gamme entière des munitions d e76mm dont des grenades HE-FRAG à longue portée RP-350, G-350A et F-354, des obus traçant AP-T BR-350A, BR-350B et BR-350SP, des projectiles mixtes BP-353A, des projectiles APDS-T BR-354P, des obus à shrapnel W-354, W-354T et G-354G et des obus à sous-munitions U-350. L’engin embarque 48 munitions rangées dans le coin arrière droit du compartiment dans des casiers horizontaux, 38 à la verticale le long du côté gauche et dix dans des rangements verticaux le long du côté droit. A l’intérieur du compartiment de combat prennent aussi place deux pistolets mitrailleurs PPSh avec mille cartouches et vingt à vingt –cinq grenades à mais F-1.

SU-76iLes châssis demeurent strictement identiques à ceux des Pz.Kpfw-III  Ausf H et Ausf.J. Chaque suspension est composée de six doubles roues de route avec barre de torsion individuelle et trois galets de soutien avec barbotin à l’avant et poulie de tension à l’arrière. Chaque roue et galet est enveloppé de gomme ce qui réduit les sons lorsque l’engin est en mouvement. Les roues de chaque extrémité sont équipées d’un amortisseur hydraulique et les chenilles sont larges de 380mm.

L’engin conserve sa radio d’origine allemande FuG-5 avant d’être remplacée par une 9P soviétique. Mais les dotations en radio sont juste suffisantes pour en équiper un engin sur trois seulement. A partir de mai, juin 1943, la situation s’améliore et chaque engin peut être équipé d’une radio.

Les tests montrent que l’engin se comporte convenablement avec une vitesse de 50 km/h qui rivalise avec celle d’un char et une autonomie, qui même si elle est faible, 180km, demeure suffisante. Les problèmes principaux proviennent de la casse de plusieurs barbotins et du fonctionnement aléatoire du moteur Maybach par temps froid ce qui oblige à le laisser en marche continu. Cependant la cadence de tir est faible avec seulement 5 à 6 coups/min alors qu’en comparaison un Pz.Kpfw.IV avec canon d e75mm a une cadence de tir de 10 coups/min et un Pz.Kpfw.III avec canon de 50mm une cadence de 12 coups/min.

En mars 1943, l’engin est adopté avec la désignation SU-76I, I vaut pour inostrannaya ou étranger, alors même que la production de SU-76 est stoppée en attendant d’avoir trouvé l’origine des problèmes de vibration. La production s’étale de mars 1943 à novembre de la même année inclus. En aout 1943, vingt engins de commandement sont livrés avec une radio à grande puissance, probablement une FuG-5 ou équivalent, la coupole de chef de char du Pz.Kpfw.III et une capacité d’emport en munition réduite.

La production stoppe pour deux raisons principales, d’abord à cause de la reprise de production du SU-76 qui se révèle moins cher à construire et mieux armé et enfin du fait de la réduction du nombre de châssis de Pz.Kpfw.III disponible à un moment ou l’armée allemande se converti sur Pz.Kpfw.IV.

SU-76i

Désignation : SU : Samokhodnaja Ustanovka, i : inostranny
 
Dimensions
Poids : 22.5 tonnes
Longueur  6.3 m, largeur : 2.91 m, hauteur : 2.375m
 
Motorisation :       un Maybach HL 120 TRM de 300cv
Puissance spécifique : 13.33 cv/t
 
Performances
Vitesse : 50 km/h sur route et 24 km/h en tout-terrain, autonomie : 180 km sur route et 115km en tout-terrain, pente : 30°, tranchée : 2.45m, obstacle vertical : 0.60m, passage à gué : 0.80m
 
Armement             un canon de 76.2mm S-1
 
Blindage : avant  50 à 60mm, côtés : 30 mm, arrière : 25 mm
 
Equipage : quatre hommes

SU-76i

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