Russie
SU-101 Uralmash-I
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A la fin de l’année 1943, UZTM a développé un projet de chasseur de char avec comme sous-traitant la Zavod N°100 et l’OKB-172, mais en mars 1944, ce projet n’est toujours pas abouti. Aussi l’ingénieur Gorlitskiy prend la sui ...

SU-101 Uralmash-I

A la fin de l’année 1943, UZTM a développé un projet de chasseur de char avec comme sous-traitant la Zavod N°100 et l’OKB-172, mais en mars 1944, ce projet n’est toujours pas abouti. Aussi l’ingénieur Gorlitskiy prend la suite et propose un châssis dérivé du SU-85 avec un canon D-5-85BM ou D-10. Deux semaines plus tard le premier automoteur désigné ESU-100 est livré avec une caisse de SU-85, un train de roulement à barres de torsion de T-34, une transmission électrique et un compartiment de combat avec un canon D-5-85BM ou D-10. Sur cet engin, le compartiment de combat est placé à l’arrière, avec le compartiment moteur au centre et le compartiment de conduite à l’avant. Pourtant en juin 1944, tous les travaux sont stoppés car l’engin n’apporte pas d’avancées spectaculaires par rapport au SU-100. Toutefois le principe de la transmission électrique est retenu et est utilisé avec le char lourd expérimental IS-6.

SU-101 Uralmash-IPourtant les travaux continuent sur l’ESU-100 sous le prétexte que Staline demande le développement d’un chasseur de char armé d’un canon de 122mm sur un châssis de T-44. Les travaux avancent rapidement et en octobre 1944, cinq projets sont présentés :

SU-122P, avec canon de 122mm D-25S, qui à ce point a déjà passé les tests en usine

ESU-100, avec canon de 100mm D-10S avec compartiment de combat à l’arrière et transmission électrique

SU-100-M-1, avec canon de 100mm D-10S, sur châssis T-34 avec compartiment de combat à l’arrière

SU-100-M-2,  avec canon de 100mm D-10S, sur châssis T-44 avec compartiment de combat à l’arrière

SU-122-44, avec canon de 122mm D-25-44S, sur châssis T-44 et avec compartiment de combat à l’avant.

Les deux derniers projets sont approuvés et l’usine UZTM est chargée de livrer un prototype de SU-100-M-2 et de SU-122-44. En mars 1945, le prototype du SU-100-M-2est sélectionné, sous la désignation Uralmash-1 et il doit être livré en mai 1945. Au même moment des essais sont menés entre un SU-100 et un Jagdpanther qui apportent la preuve de la difficulté d’installer un canon dans l’avant de la caisse. Au même moment encore, l’Uralmash-1 est envisagé avec deux options d’armement, le SU-101 avec un canon d e100mm D-10S et le SU-102 avec un canon de 122mm D-25-44S.

Les tests d’usine sont conduits entre mai et septembre 1945 et un prototype de chaque au maximum est construit. Les essais se révèlent très bon, le char est supérieur en protection et en armement au Jagdpanther mais aussi à tous les chars alliés. Ses caractéristiques en mobilité sont similaires à celles du T-44. Un des principaux défauts est l’étroitesse du compartiment de combat et surtout de l’énorme chaleur intérieure induite par le moteur. Le toit du compartiment se révèle aussi très sensible à l’onde de choc d’un coup au but. Pourtant les deux engins sont rejetés suite à l’adoption du char T-54 lui-même équipé du canon de 100mm D-10S. Plus tard à partir de 1949, le SU-100 est prévu d’être remplacé par le SU-122-54 ou Objekt 600 sur un châssis de T-54A mais avec une organisation classique et canon à l’avant. L’avantage du SU-122-54 sur le SU-102 est de posséder un compartiment de combat plus vaste avec un canon D-49 à frein de bouche, un équipage de cinq hommes et un poids total de 36.400kg. La production en série débute seulement en 1954 et pendant tout ce temps plusieurs centaines de SU-102 auraient pu être construits, alors que le SU-122-54 ne sortira qu’à soixante dix sept ou quatre vingt dix exemplaires des chaînes de montage. Les deux prototypes sont stockés pendant une période puis le SU-102 est démantelé et le SU-101 est mis au musée

SU-101 Uralmash-IDescription

Le châssis de l’automoteur est soudé et doté d’un blindage en plaque d’acier roulé sous une bonne inclinaison. Le blindage du SU-101 est réputé supérieur à celui du SU-100. L’avant de la caisse est épais de 90mm sous 27° d’incidence, l’avant de la casemate est épais de 122mm sous 35° d’incidence, les plaques latérales font 75mm d’épaisseur et l’arrière 40mm.

Dans la partie avant, à gauche du moteur, il y a le poste de pilotage avec la transmission et les équipements de contrôle. Derrière, légèrement décalé sur le côté droit il y a le moteur V-2-44 de 500cv. L’engin a une capacité en carburant de 370 litres en interne et 360 litres en externe. Les réservoirs externes sont placés sur les côtés du compartiment de combat et ne sont pas reliés au système d’alimentation.

Le compartiment arrière est entièrement consacré au combat avec un emplacement pour le chef de char, le tireur et le chargeur. Sur le côté droit du compartiment il y a une trappe rectangulaire avec une porte blindée. Sur le toit du compartiment, du côté gauche, il y a une trappe circulaire avec une trappe rotative dans laquelle est monté l’équipement d’observation du chef de char. Légèrement devant cette trappe circulaire, il y a une trappe d’accès en deux parties.

L’armement principal du SU-101 est un canon D-10S installé sous un masque moulé frontal. Le tube ne dépasse de l’avant de la caisse que de 630mm, l’élévation du canon est comprise entre -2° et +18° et le débattement en site fait 22.5° au total. L’engin emporte 35 munitions de 100mm. Une mitrailleuse DShK de 12.7mm est montée sur un affût annulaire au niveau de la trappe du chef de char avec 450 munitions.

Le canon D-10S de 56 calibres tire une munition BR-412B de 15.88kg à la vitesse initiale de 880 m/sec sous une incidence de 90° avec une pénétration de 148mm à 100m, 133mm à 500m, 116mm à 1000m, 101mm à 1500m et 89mm à 2000m, et une munitions BR-540B de 15.88kg à la vitesse initiale de 880 m/sec sous une incidence de 90° avec une pénétration de 186mm à 100m, 167mm à 500m, 146mm à 1000m, 127mm à 1500m et 111mm à 2000m

Le char est équipé d’un viseur télescopique TSH-19 et d’un viseur panoramique.

L’équipement électrique n’occupe qu’un seul circuit, urgence, lumière et radio et il est alimenté en 24V et 12V par quatre batteries rechargeables installées en parallèle 6STE-128 d’une capacité de 256 Ah et d’un générateur GT-4563-A de 1kW avec régulateur relai PPA-24F.

Pour les communications externes l’engin emporte une radio 9RS et pour les communications internes un système TPU-3bis/3F

Le châssis est similaire à celui du T-44 obr.1944 avec cinq roues jumelées de chaque côté enveloppées de gomme avec barre de torsion individuelles, barbotin à l’avant et poulie de tension à l’arrière. Les patins de chenilles et les roues sont identiques à ceux du T-34/85

VariantesSU-101 Uralmash-I

SU-102, l’engin ne diffère du SU-101 que par la présence d’un canon de 122mm D-25S avec une élévation comprise entre -0°24’ et +18.5° et un débattement en site total de 19°. L’engin n’emporte plus que 28 coups en une seule pièce. Le poids du SU-102 est légèrement supérieur avec 34.800kg pour 34.100kg pour l’engin avec canon de 100mm

 

Dimensions
Poids : 34.100kg
Longueur : 6.10m, largeur : 3.00m, hauteur : 2.10m
Garde au sol : 400mm
 
Motorisation : un V-2-44, 12-cylindres de 500cv
Capacité du réservoir : 370 litres en interne et 360 litres en externe
 
Performances
Vitesse : 54 km/h sur route et 25 km/h en tout-terrain, autonomie : 350 km, pente : 35°, dévers : 25°, obstacle vertical : 0.73m, tranchée : 2.50m, passage à gué : 1.30m
 
Armement :  un canon de 100mm D-10S avec 35 munitions
                               Elévation de –2° à +18°, azimut : 22.5°
                               Viseur : TSh-19
                      Une mitrailleuse DShK de 12.7mm avec 450 munitions
 
Blindage :
Caisse avant : 90mm à 27°, compartiment de combat : 122mm à 35°, côtés 75mm, arrière : 40mm
 
Radio : 9-RS
 
Equipage: quatre hommes

SU-101 Uralmash-I