Russie
Simonov SKS, 56-A-231
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Sergei Gavrilovich Simonov est un des derniers constructeurs russes de la vieille garde. Il est né en 1894 et il travaille dans une fonderie lorsqu'il quitte l'école élémentaire. En 1915, il réussit des études techniques et en 1917 il est employé à l ...

Simonov SKS, 56-A-231

Sergei Gavrilovich Simonov est un des derniers constructeurs russes de la vieille garde. Il est né en 1894 et il travaille dans une fonderie lorsqu'il quitte l'école élémentaire. En 1915, il réussit des études techniques et en 1917 il est employé à l'assemblage du Fedorov Avtomat. Après la prise du pouvoir par les communistes, il étudie à l'école polytechnique de Moscou qu'il quitte en 1924 pour entrer à l'arsenal de Tula.

En 1926, il est inspecteur de la qualité dans l'arsenal et à partir de 1927 il travaille dans les bureaux d'études et de développement sous la direction de Fedorov.

Il conçoit un fusil automatique qui est accepté pour le service sous la désignation d'AVS-36 mais qui n'est pas en service sur une longue durée.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il conçoit un fusil antichar désigné PTRS chambré en 14.5mm, et après la guerre il construit une version réduite de ce fusil antichar, sous la forme d'une carabine à chargement automatique qui est la première arme en service chambrée pour tirer la munition de 7.62mm x 39 M43.

Dès 1941, Simonov a déjà présenté au moins deux projets de fusils semi-automatique, chambrés en 7.62mm x 41, qui ont subi des essais de tirs. L'avancée allemande retarde les travaux de Simonov qui sont désormais développés autour de la cartouche de 7.62mm  x39

SKS

Le choix de cette arme est réalisé en réponse au problème posé pendant la Seconde Guerre Mondiale par des fusils trop longs et trop lourds et qui tirent une munition trop puissante produisant un recul excessif avec une portée effective de 2000m alors que la plupart des combats ne sont réalisés qu'à des distance de 600m à 800m. A partir de ce constat l'idée de produire une arme plus compacte tirant une munition intermédiaire qui rend possible une portée effective de 500m à 800m se fait jour. Cette idée est partagée avec les allemands mais si ces derniers se concentrent sur un seul type d'arme qui va donner naissance au Sturmgewehr, les russes développent toute une famille d'armes d'infanterie, développée autour de la nouvelle munition de 7.62mm x 39 M43. cette famille comprend une carabine à répétition, projet qui ne voit jamais le jour, une carabine à chargement automatique, un fusil d'assaut à tir sélectif et une mitrailleuse légère. Les trois derniers produits seront respectivement le SKS, l'AK-47 et le RPD.

Les premiers prototypes du SKS, Samozaryadnyj Karabin Simonova,  sont construits au tout début de 1945 et une petite quantité est testée contre les allemands. Suite à ces tests grandeurs nature, une version modifiée est présentée en 1949 et est adoptée sous la désignation officielle de 7.62mm Samozaryadnyj Karabin Simonova obr. 1945 goda.

L'arme est mise en service en parallèle avec les AK-47 puis les AKM pendant deux à trois décades après guerre, mais l'introduction en nombre de plus en plus important des fusils d'assaut entraîne le retrait progressif et graduel du SKS vers des unités non-combattantes ou de seconde ligne jusqu'à la fin des années quatre vingt voire dans les années quatre vingt dix. Plusieurs de ces armes retirées vont se retrouver aux mains de guérillas en Bosnie ou en Somalie.

Cette arme est fabriquée dans les arsenaux de Tula de 1949 à 1955 et Izhevsk en 1953 et 1954.

Elle est très simple à entretenir et garde une bonne précision à longue distance, mais son succès majeur reste sa facilité de fabrication.

Ce fusil est désormais obsolète dans l'armée soviétique, il n'y est plus utilisé que pour les cérémonies mais il a été construit par plusieurs pays de l'orbite communiste et il est encore en service dans plusieurs pays.

Description

Le SKS est une carabine qui fonctionne à gaz, d'un concept tout à fait conventionnel avec un chargeur de dix cartouches introduit à l'intérieur de la carcasse.

Il y a un verrou sous la carcasse, derrière le chargeur, qui une fois pressé libère la plaque de dessous du chargeur pour permettre de le vider rapidement.

L'arme emporte une baïonnette pliante attachée de manière permanente.

Il faut tirer vers l'arrière le levier d'armement placé sur le côté droit de la culasse pour charger le fusil. Ce levier est attaché de manière permanente à la culasse et se déplace lors du tir. Si le chargeur est vide, la culasse peut être rétractée vers l'arrière.

SKS

L'arme est approvisionnée par des chargeurs de dix cartouches totalement insérés dans le logement du chargeur à l'intérieur de la carcasse, grâce à des guides placés sur l'avant du porte-culasse. Lorsque les dix munitions sont dans le magasin le chargeur est retiré, la culasse est rétractée légèrement vers l'arrière et relâchée. Elle va alors vers l'avant et chambre une cartouche. Le magasin, si nécessaire peut être rechargé ou rempli en utilisant des cartouches une après l'autre. Un clips de dix cartouche permet aussi de recharger directement et complètement la magasin.

Le levier de sécurité est placé à l'arrière du pontet et il est poussé vers l'avant et le haut pour la position de sécurité et sa présence est marqué par le blocage de la détente et l'obstruction de la queue de détente.

La pression sur la détente libère le marteau qui entraîne le percuteur sur la cartouche. Une partie des gaz qui suivent la balle est divertie au travers d'un trou d'emprunt des gaz et dirigé sur la tête du piston. Ce piston est alors dirigé vers l'arrière et percute le support de culasse. La course du piston des gaz est courte et un ressort de recul remet le piston dans sa position de départ.

Le support de culasse est poussé vers l'arrière et après une course libre d e8mm pendant laquelle la pression des gaz baisse, il soulève la partie arrière de la culasse de son engagement dans le plancher de la carcasse. L'ensemble culasse au complet recule alors d'un seul bloc. Le marteau est remis en position armée et le ressort de recul se compresse progressivement.

L'extracteur éjecte alors l'étui vide vers l'avant de la culasse jusqu'à ce qu'il contacte l'éjecteur qui l'expulse par la fenêtre d'éjection sur la droite de la carcasse.

Le ressort de recul ramène alors le bloc culasse vers l'avant, la culasse chambre la munition du dessus du magasin. L'extracteur entre dans la cannelure de la munition et le mouvement de la culasse cesse. Le support de culasse continu vers l'avant sur 8mm et force l'arrière de la culasse dans les coins à l'intérieur du plancher de carcasse.

Le fusil tire au coup par coup jusqu'à ce que le chargeur soit épuisé. La plaque de bas du magasin pousse alors une cale qui va maintenir la culasse en position arrière. Pour la remettre en position avant, il faut légèrement tirer le levier d'armement vers l'arrière et la culasse reprend sa position frontale en chargeant avec elle la munition qui occupe la position supérieure.

L'équipement de visée arrière est un cran en forme de U gradué de 100m à 1000m. La portée est inscrite en appuyant sur l'ergot latéral et en plaçant le curseur sur la portée requise. Une portée de bataille pour toute les distances allant jusqu'à 300m est prépositionnée.

L'équipement de visée avant est ajustable mais cette opération nécessite un outil fournit avec le fusil.

Le bois des crosses est majoritairement en bouleau.

SKS

Variantes étrangères

Allemagne de l'Est, il est construit en RDA sous la désignation Karabiner-S et on peut le reconnaître par l'année de construction et le numéro de série sur l'avant gauche de la carcasse et le fait qu'il y a un trou dans la crosse pour laisser passer la sangle. Cette version n'emporte pas de tige de nettoyage. La plupart des carabines est-allemandes restantes a été transférée à la Croatie au début des années quatre vingt dix

Yougoslavie, il y est désigné M59/66 et on peut le reconnaître par un lance-grenades installé de façon permanente à la bouche du canon avec le viseur du lance-grenades, rabattable et placé derrière le lance-grenades. Ces armes sont équipées d'un régulateur de gaz qui est à la source d'un grand nombre de dysfonctionnement. Plusieurs de ces modèles sont vendus en Uruguay et au Mozambique, ce dernier pays fournissant le bois de teck pour la crosse. La plupart des armes yougoslaves ont des crosses en bois d'orme de noyer ou d'hêtre

Chine, les chinois désignent leur version Type 56 et les dernières versions ont une baïonnette à section triangulaire à la place de la lame plate. Les marquages sont portés sur l'avant gauche de la carcasse. La carabine est produite entre 1956 et 1971. Le bois des crosses des fusils chinois est en bois de catalpa

Corée du Nord, le fusil y est construit sous la désignation Type 63 et la coiffe de la carcasse reçoit le chiffre 63 frappé dessus. Cette version a été exportée à Malte en 1983, elle est caractérisée par un chargeur de plus grande contenance de trente cartouches

Albanie, version produite sous la désignation ULP Miekes SKS avec une crosse plus enveloppante. Quelques dix huit mille exemplaires seront construits entre les années soixante et 1978 dont près de la moitié a été détruite depuis.

Roumanie, version produite localement en petites quantités sous la désignation Romarm M56, qui demeure très semblable à la version originale avec la même qualité de fabrication.

Pologne, version polonaise qui consiste en des modèles soviétiques remis en état. La crosse en contre-plaqué n'a plus de logement pour le nécessaire de nettoyage. Quelques centaines de fusils SKS sont données à la Pologne par l'Union Soviétique en 1954 mais ils n'entrent jamais officiellement en service, ils demeurent cantonnés dans des missions protocolaires ou ils remplacent les AVT. En Pologne ces fusils sont désignés ksS wz.49 pour karabin samopowtarzalny Simonowa

Vietnam, ce pays produit le SKS sous la désignation Type 1. Il est pratiquement identique aux modèles soviétiques ou chinois et ils peuvent être identifiés par une petite étoile sur la carcasse avec un 1 au centre. Le canon est chromé comme la plupart des parties internes. Ces armes n'ont pas de différences avec les modèles chinois ou soviétiques

SKS

Désignation : Samozaryadnyi Karabin Simonova

 

Munitions: 7.62mm x 39 M43

Fonctionnement : semi-automatique, à gaz

Approvisionnement :  chargeurs de 10 cartouches

 

Dimensions

Masse à vide : 3.85 kg

Longueur totale : 1021 mm sans la baïonnette, 126mm avec la baïonnette

Longueur du canon : 521 mm, 4 rayures à droite

 

Performances

Vitesse initiale : 735 m/sec

Portée : 350m effectif, 600m maximum

Cadence de tir : 20 coups/min

 

Mise en service : ~ 1949

Constructeur :   Izhevskiy Mashinostroitelniy Zavod (Izhmash), Izhevsk, Russie

                            Romarm, Bucharest, Roumanie

Pays Utilisateurs : Afghanistan, Albanie, Algérie, Allemagne de l’Est (Karabiner S), Angola, Bangladesh, Bénin, Biélorussie, Bulgarie, Cambodge, Cap Vert, Chine, Comores, Corée du Nord (Type 63), Croatie, Cuba, Egypte, Grenade, Guinée, Guinée Bissau, Guinée Equatoriale, Guyana, Hongrie, Indonésie, Irak, Kazakhstan, Kosovo, Kyrgyzistan, Laos, Liban, Libye, Macédoine, Madagascar, Mali, Moldavie, Mongolie, Mozambique, Nicaragua, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, PLO (Chine, Corée du Nord, Allemagne de l’Est et URSS), Pologne, Roumanie (M56), Rwanda, Sao Tome et Principe, Serbie, Seychelles, Sierra Leone, Slovénie, Somalie, Soudan, Sri Lanka, Syrie, Tadjikistan, Tanzanie, Tchad, Turkménistan, Ukraine, URSS, Vietnam, Yémen du Sud, Yougoslavie (M59/66), Zimbabwe