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SA-75 Dvina
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Le système de missile antiaérien SA-75 Dvina a été développé pour la protection des centres politico-administratifs et des sites industriels ainsi que des unités militaires. Après le survol à haute altitude du territoire soviétique par les U-2 améric ...

SA-75 Dvina

Le système de missile antiaérien SA-75 Dvina a été développé pour la protection des centres politico-administratifs et des sites industriels ainsi que des unités militaires. Après le survol à haute altitude du territoire soviétique par les U-2 américains, le Ministre de la Défense D.F. Ustinov ordonne le renforcement des moyens de défense antiaérien.

Le constructeur aéronautique P.V. Tsibin propose l'installation d'un lanceur S-25 sur une plate-forme ferroviaire mais c'est finalement la proposition d'A.A. Raspletin, pour une version simplifiée du S - 75 Desna qui est développée sous la désignation SA-75 Dvina

Les bureaux KB-1 continuent pendant ce temps à travailler sur le S-75 Desna et pendant ce temps en 1957 un prototype du SA-75 Dvina commence ses tests avec rapidement un premier besoin exprimé pour quarante batteries et mille deux cent missiles V-750.

Description

Le SA-75 avec missile 1D/V-750 est adopté en mars 1957 et la production est rapidement lancée avec livraison à la fin de l'année 1957 de trente des quarante batteries et de 621 des 1200 missiles commandés. Alors que le système entre en service, ses défauts commencent à apparaître avec en particulier l'apparition d'une seconde marque sur l'écran de contrôle lorsque la cible vole à basse altitude, ce qui rend difficile le guidage du missile, spécialement en mode automatique.

Lorsque l'échelle de portée est allumée sur l'écran de contrôle, une chute de tension  fait souvent perdre la poursuite. Le bruit important dans la cabine fatigue rapidement l'équipage. Une grande zone, sur laquelle le moteur de propulsion peut tomber, longue de 2 à 5.4km, limite également le choix des positions de tir.

Pendant les travaux de maintenance toutes les trappes du missile doivent être ouvertes. Enfin le capteur radio Shmel à une faible protection contre le bruit.

Malgré ces défauts, aucun n'est considéré comme décisif et le système ne va pas tarder à devenir le principal engin antiaérien du pays.

Un système SA-75 consiste en une antenne de commandement d'artillerie KZU-16, une station de guidage sur camion ZiS-150, des générateurs, six lanceurs SM-63 avec missiles 1D ou 11D. Plusieurs modes de poursuite sont employés, manuel ou automatique avec toutes les coordonnées, mais également automatique pour les coordonnées angulaires en combinaison avec ajustage manuel de la portée. Pour les modes manuels et semi-automatiques, des postes de combat sont aménagés avec des écrans qui montrent l'évolution de la cible.

Le missile est à deux étages avec des surfaces aérodynamiques ajustées en X. Un détonateur radio est placé dans un compartiment à l'avant avec son antenne radio sous la partie transparente du nez. Le compartiment suivant loge la tête militaire puis vient le compartiment de carburant avec les réservoirs de fuel et d'oxydant, séparés par une partie basse à double coque ce qui permet de réduire la longueur du missile. Un réservoir d'air, un accumulateur d'air pressurisé, une unité de contrôle d'autopilote, un équipement radio ainsi qu'une source de puissance sous la forme d'une batterie à ampoule sont installés dans cet ordre dans le compartiment des instruments placés derrière le réservoir d'oxydant. Dans la queue de la partie avant de la roquette il y a les équipements de guidage et un réservoir supplémentaire pour le combustible de démarrage sous forme de fuel OT-155 avec le moteur à propulsif liquide. Ce moteur a une poussée de 2.65 tonnes. Le moteur de lancement consiste en une enveloppe en acier remplie de fuel de nitrocellulose avec des stabilisateurs à l'extérieur montés sur le même plan. La connexion entre les deux compartiments du missile s'effectue grâce à un compartiment conique de façon mécanique.

Le moteur du deuxième compartiment est mis en marche avant la séparation et fonctionne jusqu'à la fin du guidage du missile.

L'autodestruction du missile est commandée à distance et réalisée par l'explosion de la tête militaire.

Une batterie de tir est composée de six lanceurs SM-63-1 placés à une distance entre 50m et 75m de la station de guidage des missiles et six à douze camion de chargement et transport PR-11 avec leur remorque ainsi qu'un poste de charge RB-75. Le lanceur est synchronisé avec le radar de guidage SNR Zur. L'angle maximal d'élévation lors du tir est de 75°. La remorque sur laquelle est installé le lanceur est tractée par un ARS-59 à la vitesse de 35 km/h sur route et 10 km/h sur chemin.

Le transport de chargement PR-11A est basé sur une semi-remorque avec un tracteur Zil-151V. Il emporte un missile D ou sa version modifiée 11D et il est équipé d'un réservoir de carburant de 346 litres d'oxydant.

Plus tard les unités vont être équipées de PR-11B basés sur un tracteur Zil-157KV et pour les versions opérantes en zone arctique ou désertique un tracteur chenillé ATS-59 est livré.

Le chargement s'effectue avec un angle de 90° entre la rampe de lancement et l'axe longitudinal de la remorque, la queue du missile en premier. Le chargement est assisté dans son guidage par des roues posées au sol et d'autres accessoires. Le transfert s'effectue en une minute. Le temps total passé à un rechargement est de deux à quatre minutes mais avec une équipe de pièce bien coordonnée il peut être réduit de manière significative.

Le système fait normalement parti d'un système antiaérien mais il peut être également employé de manière indépendante  en utilisant le radar P-12 Ienisseï et l'altimètre radio PRV-10. Ces engins sont par la suite modernisés en P-12MP et station P-18 Terek / 1RL131.

Le temps de déploiement complet du système avec ses six lanceurs est initialement de six heures, qui passent ensuite à quatre heures pour finalement devenir deux heures et vingt minutes. La vitesse moyenne de déplacement sur route est de 20 km/h, le système étant limité par la vitesse de traction de la remorque pour lanceur et de celle pour l'antenne.

Variantes

SA-75M Dvina avec missile V-750V

Si le missile 1D / V-750 permet d'assurer la destruction d'une cible jusqu'à une distance de 20 à 22km, cela n'est pas suffisant pour atteindre tous les U-2 qui survolent l'Union Soviétique. Un décret demande alors que le S-75 atteigne 25km et pour cela la pression dans la chambre de combustion du nouveau missile est augmentée. Ce missile à haute altitude, désigné 11D / V-750V est équipé du moteur C2.711V. Après une série de tests, le SA-75 avec missile 11D est mis en service en plusieurs versions 11D / V-750V, V-750VK, 11DA, 11DU, 11DM / V-750VM, version spécialisée dans l'attaque des avions brouilleurs, et ces missiles remplacent rapidement les 1D.

Avec la mise en service de la version S-75 Desna, la production de SA-75 est graduellement réduite même si un certain nombre continue d'être produit pour l'exportation.

SA-75M Dvina-A

Un prototype est construit par le Bureau d'Etudes No.304 mais n'est pas transformé en série

SA-75M Dvina et SA-75MK Dvina

La version d'exportation du SA-75 avec missile 11D continue d'être produite jusqu'au milieu des années soixante. Le SA-75M est spécifiquement destiné aux pays socialistes alors que le SA-75MK est réservé pour les autres pays. Ces deux systèmes présentent de légères différences en termes d'équipement et de performances. Ces systèmes sont associés au radar P-12MN.

 
Dimensions
Longueur du missile : 10.60m
Diamètre du premier étage : 70cm
Poids au lancement : 2300kg, dont 200kg pour la tête militaire
 
Performances
Portée maximale : entre 29 et 34km, minimale : 7000m
Plafond maximum de destruction : entre 25 et 27km