Russie
S-51
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Le S-51 est un canon automouvant développé à partir de 1943 par l’usine Gaz et dont le prototype est sorti en 1944 mais n’a pas été retenu pour une production en série compte tenus des nombreux défauts qu’il présente. Ce projet remonte à l’automne ...

S-51

Le S-51 est un canon automouvant développé à partir de 1943 par l’usine Gaz et dont le prototype est sorti en 1944 mais n’a pas été retenu pour une production en série compte tenus des nombreux défauts qu’il présente.

Ce projet remonte à l’automne 1943 et reprend l’idée développée dix années auparavant avec l’obusier automoteur de 203mm obr.1931. Même si cette idée peut paraître archaïque, l’installation d’une pièce d’artillerie aussi puissante sur un châssis automouvant aurait conféré une puissance indéniable aux troupes soviétiques.

Deux firmes sont mises en compétition, Uralmasch et TsAKB UZTM.

La première livre, sous la direction de l’ingénieur Kotin, un projet très similaire au modèle Saint Chamond français de 194mm GPF avec une remorque porte-munitions.S-51

Le second livre un engin en deux versions. Soit un obusier de 203mm D-4 sur un châssis de KV-1S modifié sous la désignation U-19 soit un obusier de 203mm ou deux obusiers de 152mm sur un châssis constitué de deux SU-122. Avant le tir les deux châssis doivent être connectés entre eux. La préparation au tir prend entre 30 et 40 minutes contre 20 minutes pour le projet Kotin.

Seul le TsAKB reçoit une commande pour le développement d’un prototype sous la désignation S-51. Le modèle choisi est celui sur un châssis de KV-1 mais il s’avère rapidement que ce châssis n’est pas assez long et que donc une version modifiée avec un galet supplémentaire doit être présentée. L’engin porte dont huit au lieu de sept galets.

Il s’avère ainsi que les travaux sur le châssis vont devoir être important surtout si l’on compare ces travaux au nombre d’engins prévus à la construction que ne doit pas dépasser les dix exemplaires.

La superstructure du châssis demeure identique ainsi que le moteur. La tourelle du char est retirée et à sa place prend place l’affût de l’obusier à ciel ouvert. Comme le poids de l’obusier est légèrement plus élevé que celui d’une tourelle équipée, le poids total en ordre de combat de l’engin est de près de 50 tonnes ce qui va altérer les caractéristiques routières du véhicule.

Le premier prototype subit des tests en février 1944. Ils révèlent une forte tendance à chavirer si l’angle d’élévation est trop grand et à faible élévation de la pièce l’effet de recul est si important que l’équipage ne peut pas tenir en place. Cela entraîne une très grande dispersion des coups et des conditions de travail détestable pour l’équipe de pièce. Il s’avère aussi qu’un châssis de KV-1S n’est pas adapté pour emporter une telle pièce.

Malgré tout, l’engin est déclaré bon pour une production en série qui toutefois n’arrivera jamais. D’abord, la construction de char KV-1S s’est terminée en décembre 1942 et déployer des automoteurs sur ce châssis impliquerait de la relancer et ensuite le manque en obusier B-4 de 203mm dont la production n’a pas été assez importante.

Variantes

S-59

Les ingénieurs du TsAKB continuent cependant leurs travaux à l’usine N°100 et en mai, juin 1944 le S-59 armé d’un obusier Br-2 de 152mm subit des tests. Il semble que l’engin ait été utilisé sur un châssis de KV-85 même si certaines sources citent un châssis amélioré de char lourd KV-1. Cet engin est construit en lien direct avec le S-51 mais contre l’avis des premiers utilisateurs du S-51 aucun moyen de réduction du recul n’est installé. Aussi lors des tirs à pleine charge, le S-59 connaît les mêmes problèmes que le S-51 et la construction en série de cet engin n’est pas souhaitée.

S-51Avant la fin de la guerre d’autres projets de pièces d’artillerie lourdes automotrices ont vu le jour. Ainsi en juillet 1944 la branche de Leningrad du TsAKB prévoit l’installation sur un châssis double de char T-34 d’un obusier Br-17 d e210mm ou Br-18 de 203mm.

Juste avant la fin de la guerre au printemps 1945, les efforts conjoints de l’usine N°100 et de l’usine N°9 ont abouti à la création d’une pièce d’artillerie automotrice à longue portée dont l’objectif est de mener des raids de contre-batterie. Un châssis spécial est développé pour ne pas répéter les erreurs du passé à l’intérieur duquel prennent place deux pièces d’artillerie de 122mm. Il est prévu que pendant le chargement d’une pièce l’autre serait mise à feu ce qui dans la réalité n’aurait certainement pas été aussi simple. Des tests avec des pièces d e76.2mm ont été menés sans rencontrer de problèmes hormis que dans ce cas précis la pièce d’artillerie utilise des obus d’un seul tenant alors que la pièce de 122mm utilise des obus à charge séparée. Une version améliorée est développée à la fin de l’année 1945 avec un espace pour pratiquer le rechargement manuel de la pièce et si une maquette en bois a été réalisée en 1946, les travaux se sont par la suite arrêtés

Medved, il s’agit d’un dérivé du S-51 qui consiste en deux canons de 122mm D-25 à l’intérieur d’une casemate fixe sur un châssis de KV-1S. Ce projet remonte au printemps 1945 mais n’a pas de suite.

 

Dimensions
Poids : 49.750 kg
Longueur : 9.35m, largeur : 3.38m, hauteur : 3.40m
Garde au sol : 500mm
 
Motorisation : un moteur 12-cylindres V-2K de 600cv
 
Performances
Vitesse maxi : 32 km/h, autonomie : 100 km
 
Armement      un obusier B-4 de 203mm avec 12 munitions, (30 munitions pour le S-59)
        Elévation : de 0° à +60°, azimut : 80° au total
        Cadence de tir : 1 coup toute les 2 minutes, [1 coup/min pour le S-59]
        Poids d’un obus : 100kg (HE) à 146 kg (AP), [49 kg pour le S-59]
        Vitesse initiale : 607 m/sec, [880 m/sec pour le S-59]
        Portée : 18.000m, [25.000m pour le S-59]
 
Blindage : 60mm pour la caisse et 20mm pour le toit
 
Equipage : neuf à dix hommes

S-51

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