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Pearless Pom-Pom
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Durant l’été 1914, le Haut Commandement Impérial Russe commence à montrer de l’intérêt pour l’artillerie antiaérienne. Il en résulte deux projets d’engins blindés avec une arme antiaérienne ainsi qu’un projet d’un engin automoteur antiaérien sans bli ...

Pearless Pom-Pom

Durant l’été 1914, le Haut Commandement Impérial Russe commence à montrer de l’intérêt pour l’artillerie antiaérienne. Il en résulte deux projets d’engins blindés avec une arme antiaérienne ainsi qu’un projet d’un engin automoteur antiaérien sans blindage. Compte tenu des limitations de l’industrie Russe, les militaires cherchent un support auprès de leurs alliés étrangers. Suite à cela, l’armée va recevoir seize automitrailleuses Pearless.

A la fin de l’année 1914, le Directoire Principal de l’Artillerie demande à la firme britannique Vickers de blinder seize véhicules et d’y installer des canons automatiques QF 2-Pdrs Mk-II. Cette commande est passée par les Russes quelques mois avant que ce même véhicule soit adopté par la Royal Navy.

Un châssis de camion standard est choisi comme base, et il est décidé d’en retirer tous les éléments non nécessaire et à la place d’y installer une superstructure blindée. Le compartiment blindé installé n’emporte pas de toit de façon à pouvoir délivrer des tirs antiaériens.

Après l’étude des matériels existants, il est décidé d’utiliser un châssis de camion de 3-tonnes TC3 de la compagnie américaine PeerlessMotorCompany. Cet engin remplit les besoins annoncés et un autre de ses avantages est qu’il est construit non seulement aux USA mais également dans l’usine britannique de Wolseley. Tous les engins blindés de la série seront d’ailleurs construits sur des châssis de fabrication britannique.

Pearless Pom PomComme la plupart des camions de l’époque le châssis du camion se présente sous la forme d’un cadre avec le moteur en position avant. Ce moteur est un engin essence de 32cv refroidi par liquide associé à une transmission mécanique. Le  train en configuration 4x2 a des suspensions dépendantes montées sur ressorts. Les roues avant sont connectées à la direction.

Les roues sont à bâtons, l’axe avant a des roues simples et l’axe arrière des roues jumelées.

Sur ce châssis un cadre est monté qui supporte une structure.

L’équipage et les organes vitaux sont protégés par des plaques de blindage de8mm d’épaisseur et toutes les plaques de la superstructure ont la même épaisseur. Lors de l’assemblage, les plaques sont retenues au cadre par des vis et des rivets.

La caisse est protégée par des plaques de blindage supplémentaires accrochées au cadre pour le protéger. La caisse blindée est divisée en trois sections. La plus petite partie est affectée au compartiment moteur, puis viennent le compartiment de contrôle et le compartiment de combat. Les deux derniers compartiments se présentent sous la forme d’une simple caisse sans partitions. En revanche le compartiment de contrôle dispose d’un toit ce qui n’est pas le cas du compartiment de combat.

Le capot du compartiment moteur est très simple, il est de forme rectangulaire en s’inclinant vers l’avant. Pour la ventilation la plaque frontale est divisée en deux parties, et l’élément inférieur peut être remonté pour renforcer le refroidissement du radiateur. Sur les côtés du compartiment des trappes de maintenance s’ouvrent latéralement.

Juste derrière le capot moteur il y a une plaque verticale relativement large et par-dessus une plaque Pearless Pom Pomfrontale inclinée avec une large trappe de vision. En situation de combat, le chauffeur peut refermer la trappe avec un volet qui comporte des fentes de vision.

Les parois de l’habitacle sont verticales mais vers l’avant elles s’écartent légèrement. Cette particularité est entraînée par le besoin d’augmenter le volume du compartiment de combat dans lequel l’armement principal est installé.

Deux fenêtres avec volet blindé sont implantées sur les côtés de l’engin ce qui améliore la visibilité depuis le poste de conduite.

Derrière ces fenêtres se trouvent les portes d’accès qui consistent en deux moitiés. Pour entrer dans l’engin il faut ouvrir les deux portes alors que la partie supérieure de la porte, lorsqu’elle est ouverte permet de ventiler le compartiment d’équipage et de contrôler la situation extérieure.

Une plaque de toit de 8mm d’épaisseur protège le chauffeur et la partie avant de la caisse alors que la partie centrale n’a pas de toit. L’arrière de l’habitacle est protégé par une plaque verticale.

Au centre du compartiment de combat le canon antiaérien est installé. Cette installation lui permet une rotation intégrale et une élévation comprise entre -5° et +80°. Les mouvements sont actionnés par une manivelle et un arc avec un mécanisme à entraînement manuel. Comme le piédestal sur lequel il est monté est relativement haut, le canon se trouve au-dessus des plaques de blindage sans aucune restriction de guidage horizontal.

Les Russes commandent à la compagnie Vickers seize canons de 40mm à refroidissement automatique du type QF 2 Pounder Mark II. Suite au bruit caractéristique qu’ils font en tirant ces canons reçoivent le surnom de Pom-Pom. La calibre du canon est de 40mm, la longueur du tube est de 39.37 calibres et il tire des projectiles de 40mm x 158R. Comme il est basé sur une mitrailleuse Vickers il fonctionne sur le principe du court recul du canon. La cadence de tir est de 90 à 120 coups/min et il est équipé d’un équipement de visée mécanique.

Pearless Pom PomLe canon est approvisionné par des bandes de vingt-cinq cartouches. Les munitions disponibles sont de deux types, une avec un retard de10 secondes et l’autre un retard de 18 secondes. Les projectiles pèsent 920 grammes avec une vitesse initiale de 600 m/sec. La portée maximale effective est de 3900m et des traceurs spéciaux sont employés pour déterminer la trajectoire du tir.

Une mitrailleuse Lewis est emportée pour l’auto-défense, elle est normalement fixée sur une paroi de la caisse et mise en œuvre que si nécessaire. Aucune attache particulière n’est installée, elle est employée depuis le bord de la caisse ou depuis une des fenêtres.

L’équipage de l’engin est de cinq hommes. Le chef de char et le chauffeur sont placés à l’avant et les trois artilleurs dans le compartiment de combat. Le poids total en ordre de combat est de 4800kg et le moteur de 32cv permet d’atteindre une vitesse de 40 à 45 km/h sur route avec une autonomie comprise selon les sources entre 150 et 250 km.

Les Britanniques tardent à livrer les véhicules aux Russes et les seize engins ne sont construits qu’à la fin du printemps 1916 et il faut encore trois mois pour convoyer les engins à leur destinataire. Les voitures arrivent en Russie en septembre 1916 et sont testées dès le début de l’automne.

Les Russes ne sont pas satisfaits de la protection du véhicule aussi un grand bouclier est installé en protection du canon avec une embrasure pour le passage de l’arme. Ce bouclier est réalisé en plaque d’acier de 8mm d’épaisseur, très large sur l’avant et avec deux petits côtés latéraux. Un mois après leur arrivée en Russie ces engins sont transférés à la 1ère Brigade d’Artillerie Lourde de Réserve chargée de protéger les forces terrestres des attaques aériennes ainsi que de la lutte contre les appareils de reconnaissance. Le transfert rencontre du retard et ce n’est qu’à la fin du mois de janvier 1917 que quatre batteries sont formées pour rejoindre le Front. Mais ce départ connaît lui aussi du retard, cette fois à cause des événements révolutionnaires de Petrograd.

En effet suite à la Révolution de février 1917, un grand nombre d’engins blindés destiné au Front sont conservés dans la capitale. Pendant quelques temps, les Pearless avec d’autres engins  sont affectées à des missions de patrouille.

Ces engins font l’objet de la convoitise de plusieurs forces dans la capitale aussi, au printemps 1917, il est décidé de les expédier sur le Front pour y effectuer leur rôle premier. La situation sur le Front évolue alors très rapidement et les troupes ont fortement besoin de support, d’autres parts, l’éloignement de la capitale, les empêchent de tomber entre de mauvaises mains. Il n’existe pas d’état précis de l’emploi au front de ces engins bien qu’il semble qu’au moins une victoire contre un appareil de reconnaissance ait été enregistrée ainsi que d’autres très probablement. Suite à l’échec de l’offensive d’été Russe, l’initiative revient aux forces de la Triplice et les engins sont repliés avec l’armée.

Après les évènements de la Révolution d’Octobre, les Pearless prennent part à la Guerre Civile avec des Pearless Pom Pomengins dans chacun des camps et il est également possible que ces engins changent de camps au gré des captures.

Un des engins passe également aux mains des Estoniens. Ceux-ci remplacent le canon par uen grande tourelle armée de mitrailleuses.

Après la Guerre Civile, tous les engins survivants servent dans l’Armée Rouge et en 1920, certains d’entre eux sont engagés dans les combats contre la jeune armée Polonaise. Au moins deux véhicules sont capturés par les Polonais et sont réutilisés pendant quelques temps.

Les Pearless servent dans l’Armée Rouge au moins jusqu’au début des années vingt et selon certaines sources le dernier engin est rayé entre 1921 et 1922, alors que d’autres sources avancent la fin des années vingt.

Les Pearless équipés d’un canon QF 2 Pounder Mark II sont les engins antiaériens les plus nombreux de leur classe dans l’armée Russe. En comparaison, les Russo-Balt Type T sont construits en quatre exemplaires uniquement alors que le canon automoteur sur châssis Austin demeure à un seul exemplaire

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