Russie
Canon de 155mm Court Modèle 1917 Schneider
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Après la guerre Russo-japonaise de 1904-1905, l'armée russe confie à Schneider une grande partie de son programme d'artillerie nouvelle. Parmi les matériels réalisés à partir de 1907 on trouve l'obusier de campagne de 152m ...

Canon de 155mm Court Modèle 1917 Schneider

Après la guerre Russo-japonaise de 1904-1905, l'armée russe confie à Schneider une grande partie de son programme d'artillerie Canon de 155mm Court Modèle 1917 Schneidernouvelle. Parmi les matériels réalisés à partir de 1907 on trouve l'obusier de campagne de 152mm (6 pouces) dont la portée atteint 8650m.

Ce matériel est adopté par l'armée française en 1915 pour l'artillerie divisionnaire qui réclame une pièce courte d'un calibre plus élevé que le canon de campagne de 75mm. Cette pièce est désignée Canon de 155mm Court Modèle 1915S et il est construit parallèlement au modèle de 155mm Court de Saint Chamond.

La culasse à vis Schneider ne possède pas de bloc de sécurité contre les longs feux. la munition en deux parties, utilise une douille en laiton qui est supprimée par la suite sur le Modèle 1917 avec l'apparition d'un obturateur plastique.

Description

Après l'adoption du 155C Rimailho, l'obusier puissant n'est pas retenu dans les programmes de 1909 à 1913 car, pour la guerre de campagne, on le juge trop encombrant et surpuissant contre du personnel défilé et on recherche à cet effet un obusier léger de 105 ou de 120, et on l'estime au contraire insuffisant, pour la guerre de siège, contre des organisations bétonnées ou cuirassées.

En revanche, l'industrie privée s'y intéresse. Dans son système d'artillerie de 1907, Schneider en propose deux versions, affût haut et affût bas, ce dernier retenu pour la Russie au calibre de 6 pouces (152.4mm)

Dérivé direct du modèle russe, un obusier de 150 du Creusot est attendu en présentation devant la commission de Lamothe le 7 août 1914, lorsque Saint Chamond présente un 155C tirant l'obus réglementaire.

Provisoirement distancé, Schneider se met alors à étudier un matériel plus puissant qui, présenté en septembre 1915, est adopté sans délai. Un premier marché de cent douze exemplaires est passé en octobre 1915, et la première batterie est présentée en recette en avril 1916, plusieurs mois avant son concurrent Saint-Chamond.

Tirant à douille, le 155C Schneider Modèle 1915 évolue pour devenir le Mle.1917 tirant à gargousses, ce qui présente un avantage considérable au plan des matières premières et de l'acheminement des approvisionnements.

Qualifié de type très réussi d'obusier moderne le 155C Schneider est d'une mobilité suffisante pour pouvoir accompagner l'infanterie et se révèle assez polyvalent : on l'emploiera non seulement dans sa mission classique de destruction des organisations ennemies moyennement résistantes, mais aussi pour combattre l'artillerie adverse dans sa limite de portée de 10 à 12 km, rôle usuellement dévolu aux canons longs.

Cette vocation double, de tir plongeant et de tir de plein fouet, est partagée par les 155S Schneider et Saint-Chamond.

En 1940, le Modèle 1917 est généralisé dans toutes les grandes unités malgré le début de mise en place des canons d e105mm Modèle 1934S et Modèle 1935B qui doivent lui succéder. Afin d'augmenter la mobilité du matériel, un train rouleur lui est adapté au début des années trente, suivi d'un train de roulement à pneumatiques increvables vers 1936 ce qui autorise une vitesse moyenne sur route de 25 km/h.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale les 155mm court Modèle 1917 sont utilisés par l'armée américaine qui en avait reçu plusieurs centaines d'exemplaires en 1918. Le matériel américain est monté sur pneumatique et il est livré aux forces françaises après 1942.

En 1940, mille huit cent vingt sept de ces canons courts étaient en service.

Les exemplaires capturés entrent en service dans l’armée allemande comme 15,5cm sFH 414 (f), pour la version soviétique comme 15,2 cm sFH 449 (r), pour la version polonaise comme 15.5cm s.FH.17(p), pour la version italienne comme 15.5 cm s.FH.414 (i). Au 1er mars 1944 il y en avait encore sept cent quatre vingt deux 15.5cm sFH.414 (f) en service dans l’armée allemande.

En 1940 l’armée belge en comptait cent quatre vingt douze exemplaires en service. Les exemplaires belges (Canon de 155mm M.17 L/30) capturés portent la désignation allemande 15.5cm s.FH.413 (b).

Il est en service dans l’armée finlandaise comme 155 H/17 Tuhkaluukku (Il y reste en service jusque dans les années quatre vingt.

Aux USA il est décliné comme 155 mm howitzer M1917 puis dans une version améliorée comme 155 mm howitzer M1917A1 et 155mm Howitzer M1918.

En Pologne il est connu comme 155 mm haubica wz. 1917 et en Italie comme Obice de 155/14 PB, l’URSS en converti quelque- uns au calibre 152.4mm sous la désignation 152-17S.

La Tchécoslovaquie en a acheté cinquante et un exemplaires en 1919 en assez mauvais état et qui finissent rapidement dans un rôle d'entraînement.

Il sert en Yougoslavie comme 15,5 cm haubits (Schneider) Model 1917 ou C17S que les allemands utilisent sous la désignation 15.5cm s.FH.427 (j)

Les Républicains espagnols l’utilisent comme Obus Schneider de 15.5cm de tiro rapido, Modelo 1917.

L’Argentine en reçoit qu’elle met en service sous la désignation Schneider 155mm L/15 M.1929, certains exemplaires sont dotés de pneumatique plus tard.

Canon de 155mm Court Modèle 1917 Schneider

Désignation : Canon de 155 C, mle 1917 Schneider
 
Calibre : 155mm
 
Calibre : 155mm
 
Dimensions
Longueur du tube : 15 calibres, 2.33m, longueur totale de la partie rayée : 11.4 calibres, 1.73m, 48 rayures à droite
Longueur de la pièce en batterie : 5.90m, largeur de voie : 1.89m
Poids en action : 3300 kg, poids en position de route : 3715 kg
Munitions : semi-encartouchées pour le Mle.1915 et à gargousses à 6 charges pour le Mle.1917, Obus FA Mle.1915 d e43.55kg dont 4.8kg d'explosif, obus à mitraille Mle.1887 de 40.80kg avec 416 balles de 25g et 288 fragments de 43g, obus à balles Mle.1879-1915 de 40.59kg  avec 270 balles de 26g, obus allongé en acier Mle.1914 de 43kg dont 10.2kg d'explosif, obus FA Mle.1915 de 43.75kg dont 4.45kg d'explosif
Culasse à vis système Schneider à culot plat, mise à feu à gauche, affût à long recul du tube, 1.31m, frein hydraulique et récupérateur hydropneumatique sur traîneau. Flèche longue et évidée, à deux bêches.
 
Performances
Vitesse initiale : 440 à 450 m/sec
Elévation de 0° à + 42°, azimut : 3° à droite ou à gauche, coulissement sur l'essieu
Portée :  11.900m avec obus FA Modèle 1915 et vitesse initiale de 450 m/sec
Cadence de tir : 4 coups/min, 1 à 2 coups/mn pendant 10 minutes, ou 40 coups à l'heure et 0.7 coup/min en tir soutenu
 
Traction : hippomobile à huit chevaux par pièce derrière un avant-train de campagne, tube et traineaux reculés à bout de course pour un poids total de 2750kg, et six chevaux par caisson
Vitesse de traction : 4 km/h avec huit chevaux, portage automobile à 12 km/h, sur train rouleur à 15 km/h, sur pneumatiques à 25 km/h, vitesse instantanée 40 km/h
La version Mle.1917 TTT est tractée par un Somua MCG-11 pour la pièce et MCG-5 pour le caisson à 25 km/h
Equipe de pièce : un sous-officier et sept hommes
Temps de mise en œuvre : 5 min