Russie
BM-8CH
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Pendant la Grande Guerre patriotique, l’Armée Rouge utilise des lance-roquettes multiple de manière intensive. L’engin le plus connu est le BM-13 qui tire des roquettes d e132mm sur la base d’une grande variété de châssis. D’autres engins tirent de ...

BM-8CH

Pendant la Grande Guerre patriotique, l’Armée Rouge utilise des lance-roquettes multiple de manière intensive. L’engin le plus connu est le BM-13 qui tire des roquettes d e132mm sur la base d’une grande variété de châssis. D’autres engins tirent des roquettes de 82mm M-8 et ces systèmes vont subir tout au long de la guerre des programmes d’amélioration.

Le projectile M-8 est tiré depuis une grande variété de lanceurs, BM-8-36, BM-8-24, BM-8-48 et BM-8-72 mais ils présentent tous des défauts dont un des plus importants est la grande dispersion des projectiles.

La raison de ce problème tient à la méthode de stabilisation du projectile en vol. Ils tournent sur un axe longitudinal grâce à un jeu de stabilisateur placé avec une certaine inclinaison et la moindre différence dans celle-ci entraîne des trajectoires différentes.

En 1944, des travaux sont lancés dans l’objectif d’améliorer la précision du tir. Les premiers engins modifiés vont être les BM-13CH suivis rapidement par les BM-8CH au niveau de l’usine de compresseur de Moscou. L’acronyme CH signifie guide en spirale, car de manière à améliorer la précision du tir les rails de lancement sont modifiés.

BM-8CHLe projet est lancé au milieu de l’année 1944 en reprenant les travaux menés sur le BM-13CH mais le premier prototype n’est présenté qu’à la fin du mois d’avril 1945. Les premiers tests montrent une amélioration de quatre à onze fois la précision.

Cependant pendant les tests des défauts apparaissent qui prennent du temps à être éliminés.

Si le BM-8CH peut être installé sur la plupart des châssis, celui qui se révèle le plus adapté est le Studebaker US6 avec un lanceur installé sur le train arrière.

La partie inférieure du lanceur est reprise du BM-8 standard avec quelques points de renforcement au niveau des mécanismes de guidage.

Le lanceur permet un débattement en site de 260° avec une élévation comprise entre -3° et +47° et sur les dernières versions, l’élévation peut aller jusqu’à +58°. Le tir peut être réalisé par-dessus la cabine mais dans ce cas l’angle d’élévation minimal est de +13° et pour la sécurité de l’équipage un bouclier est installé sur le pare-brise ainsi que plusieurs éléments bloquant pour éviter d’endommager la cabine. Le lanceur, grâce à ces blocages ne peut pas descendre en dessous d’une certaine élévation et les contacts électriques sont déconnectés lorsque l’élévation est dangereuse.

Le lanceur reçoit des rails de guidage assez complexes sous forme de structures tubulaires dont les guides sont attachés sur la poutre transversale du lanceur. Ces structures sont composées de trois anneaux et d’un tube droit et ces quatre éléments sont enroulés sous un angle de307° sur une longueur de 2.05m puis attachées entre elles par six agrafes arrondies.

La partie interne du rail a un calibre de 82mm et emporte une roquette alors que les stabilisateurs de la roquette entre dans les fentes entre les parties courbes du guide de lancement.

Les trente-deux rails du lanceur sont montés en quatre rangées de huit et l’ensemble est monté sur le cadre du lanceur avec un système de mise à feu pyrotechnique à l’extrémité arrière.

Pour la visée le système utilise initialement un collimateur MP-41 qui se révèle peu adapté, aussi un viseur panoramique de canon divisionnaire ZIS-3 est installé.

Le panneau de commande de lancement est installé à l’intérieur de la cabine et la cadence de tir est contrôlée par un volant de telle manière qu’un tour complet corresponde à deux roquettes tirées. Le tir de la salve complète prend entre sept et dix secondes selon la vitesse de rotation du volant.

Le lanceur tire des roquettes M-8 qui sont une version légèrement modifiée de la roquette aérienne RS-82. Pour 82mm de diamètre la roquette mesure 600mm de long, elle pèse 7.9kg avec une charge militaire de 2.8kg dont 600g d’explosif. La roquette est propulsée par un moteur à propulsif solide qui entraîne l’engin à la vitesse maximale de 310 à 315m/sec jusqu’à 5500m. La puissance de la roquette est assez puissante pour assurer une destruction dans un rayon de 3 à 4m.

Les tests sur le prototype durent jusqu’en mai 1945 et l’élimination des défauts prend jusqu’à l’automne 1945.

Une seconde phase de tests a lieu en décembre 1945 puis en mai 1946, des tests comparatifs sont menés entre BM-8CH et BM-8-48. Ceux-ci révèlent que la dispersion du BM-8CH est deux fois et demie inférieure à celle du BM-8-48.

En revanche la mise en œuvre de l’engin se révèle difficile et la réparation sur le terrain d’un guide de lancement endommagé est impossible. Plusieurs incidents de tir sont également enregistrés et jusqu’à 45% des roquettes peuvent demeurer sur les rails de lancement.

Après la guerre, il est décidé d’abandonner l’utilisation des roquettes M-8/RS-82 qui datent des années trente aussi le système n’est pas produit en série

 
 
Dimensions
Longueur du rail : 2m
Longueur : 6.60m, largeur : 3.00m, hauteur : 2.175m
Poids du lanceur à vide : 2360kg, poids du lanceur approvisionné : 2625kg
Poids en ordre de combat : 6.190kg
 
Performances : nombre de lanceur : 32
Elévation : de -3° à +47°, azimut : 260°, élévation minimale au-dessus de la cabine : 13°
Elévation en position de route : 5° 30’
Temps de rechargement : 5 à 8 min